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Multinationales suisses après 1945: relations de pouvoir au coeur du processus d'internationalisation

Freitag, 10. Juni
09:15 bis 10:45 Uhr
Raum 2060

Par le biais de leurs investissements directs à l'étranger (IDE), les multinationales jouent sur différentes échelles (locales-régionales-nationales-globales) et établissent des relations de pouvoir avec une multiplicité d'acteurs publics et privés, comme les gouvernements, les travailleurs, les entreprises, les organisations internationales. Ces firmes peuvent d'une part tirer avantage des différences générées par les frontières nationales et d'autre part s'en affranchir pour créer leur propre espace économique. L'analyse par le pouvoir, qui s'intéresse par exemple aux relations entre Etats-nations et multinationales, est cruciale pour comprendre les stratégies des entreprises suisses après 1945. Dans l'immédiat après-guerre, le souvenir des destructions et des confiscations les amène en effet à rester prudentes dans leurs investissements et à prouver leur caractère "suisse" pour éviter de nouvelles pertes de filiales. La mise en place d'une logique de Guerre froide dès 1947 accélère également la création de dispositions législatives pour le transfert de siège (Sitzverlegung), une procédure centrale du dispositif de sécurité des firmes suisses en cas d'invasion. A partir de 1960, la forte croissance des IDE helvétiques peut être appréhendée comme le résultat d'une attitude favorable au libre-échange et à la volonté d'intégration économique, notamment au niveau européen. Les critiques de l'opinion publique se focalisent alors davantage sur l'activité des multinationales dans les pays du tiers-monde, parfois considérée comme un prolongement de la domination occidentale.

L'approche par le pouvoir est également pertinente pour comprendre l'organisation complexe de la production, caractérisée par des réseaux de filiales, joint-ventures et sous-traitants, dont l'enjeu est la captation de la valeur ajoutée. Dès 1945, en raison de l'hégémonie américaine et du contexte de Guerre froide, un intense remaniement a lieu au sein des principales multinationales helvétiques, qui tendent à organiser certaines de leurs filiales aux Etats-Unis en "quartiers généraux" pour leurs opérations outre-mer. Ces développements affectent en profondeur les rapports de pouvoir entre la maison mère, ses filiales et les autorités du pays hôte. Dans le dernier quart du XXème siècle, l'importance du siège social et des sites de production suisses est aussi questionnée, notamment en raison des délocalisations et des craintes des travailleurs face à la dégradation de leurs conditions de travail. En définitive, loin de constituer une réalité effective à un moment donné, le caractère multinational des entreprises gagne à être étudié en tant que processus historique. L'analyse par le pouvoir offre alors une porte d'entrée privilégiée pour souligner les rationalités et les stratégies des différents acteurs impliqués dans le processus d'internationalisation des entreprises.

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