L'impérialisme d’une petite puissance en Afrique subsaharienne au XXe siècle

Un des phénomènes économiques majeurs du XXe siècle réside dans la polarisation croissante des niveaux de revenus entre les nations industrialisées et celles dont l’économie repose sur l’exportation de matières premières. Cette polarisation est une conséquence de la structure du capitalisme contemporain fondée sur des échanges commerciaux, financiers et politiques internationaux déséquilibrés. Désignés sous le terme d’impérialisme à la fin du XIXe siècle et de néo-impérialisme depuis les années 1950-60, les mécanismes qui engendrent échanges inégaux et rapports de dépendance entre les différentes régions du monde n’ont guère été théorisés par les historiens travaillant sur les relations extérieures de la Suisse. Partant des relations tissées entre la Suisse et l’Afrique subsaharienne au cours du XXe siècle, ce panel propose une lecture originale de la nature de l’expansion économique helvétique outre-mer. Il s’agira d’élaborer les lignes directrices d’une première conceptualisation de la notion d’impérialisme suisse. Afin d’y parvenir, ce panel s’interrogera sur les stratégies mises en œuvre par les milieux financiers et industriels suisses vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne pour gagner des parts de marché dans le négoce de l’or, du cacao ou du café. Il questionnera également la nature des relations politiques et diplomatiques tissées entre ces deux entités géographiques.

La perspective privilégiée pour l’analyse des relations entre la Suisse et l’Afrique subsaharienne prend en compte les tensions existantes entre le local – contraintes et avantages liés aux structures économiques et politiques nationales – et le global – contraintes et avantages d’un marché capitaliste mondialisé. En outre, l’analyse comparative avec, par exemple, les relations économiques et politiques qu’entretient la France avec cette même région est également encouragée.

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